ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
consentement pour participer à l’étude. Les données
INTRODUCTION
La transfusion sanguine est un acte médical qui peut
sauver des vies, mais qui peut également transmettre
des infections virales, bactériennes et parasitaires
potentiellement mortelles [1]. Le paludisme est une
priorité de santé publique dans les zones d’endémie
puisque c’est une des premières causes infectieuses
de mortalité dans ces zones [2]. Il s’agit d’une
urgence qui impose souvent une hospitalisation au
stade de paludisme grave [3]. La prévalence de
l’infection palustre chez les donneurs de sang en
Afrique sub-saharienne est estimée entre 14 et 29 %,
faisant du Plasmodium le premier agent infectieux
transmis par transfusion comparé à d’autres agents
tels que le virus de l’immunodéficience humain et les
virus de l’hépatite [1]. Les souches de Plasmodium
qui circulent à bas bruit chez les donneurs de sang,
sont souvent multi résistantes (mutations génétiques)
aux antipaludiques couramment utilisés et assurent
ainsi la dissémination de la résistance [4]. Dans le
cadre de la sécurité transfusionnelle, l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) exige des tests
biologiques pour garantir la qualité du sang du
donneur avant son administration à un patient
receveur. Les dons de sang réalisés en Centrafrique
(RCA) proviennent de donneurs bénévoles de sang
ou de donneurs familiaux. Les marqueurs testés sont
principalement ceux du VIH, des hépatites virales B
et C ainsi que de la syphilis. Bien que le diagnostic
du paludisme par test rapide soit réalisé au Centre
National de Transfusion Sanguine (CNTS), il n’est
pas dépisté systématiquement. Aucune étude sur le
paludisme transfusionnel n’a été réalisée. L’objectif
de cette étude était de déterminer l’ampleur du
sociodémographiques, cliniques et biologiques ont
été recueillies. Après le nettoyage et le contrôle de la
qualité, les données ont été saisies et analysées à
l’aide des logiciels Epi-Info 7. Les tableaux et
figures ont été traités par Microsoft Excel (version
2016). Le test de Chi-2 a été utilisé pour la
comparaison des proportions avec un seuil de
significativité à 5%. L’identification des facteurs
associés était faite par une analyse univariée entre la
variable dépendante et les variables indépendantes
d’intérêt. Les mesures d’association ont été estimées
par l’Odds Ratio (OR) et leur intervalle de confiance
(IC) à 95%. Les données étaient traitées dans le strict
respect de la confidentialité des personnes prélevées.
Le critère de jugement clinique de paludisme était la
présence de la fièvre. Les critères biologiques étaient
un TDR positif ou une goutte épaisse positive.
RESULTATS
Caractéristiques générales des participants (âge,
sexe et provenance)
Sur les 384 donneurs bénévoles reçus, 304 (79,2%)
avaient donné leur consentement pour participer à
l’étude. Leur âge moyen était de 26,9±6,9 ans avec
des extrêmes de 18 et 57 ans. Les tranches d’âge de
18-24 ans et 25-34 ans avec respectivement 45,4% et
43,1% étaient les plus représentées. Les donneurs de
sexe masculin étaient les plus nombreux (91,8%)
avec un sex-ratio de 11,2 (279/25). Plus de la
majorité (62,5%) des donneurs provenait du 4ème
arrondissement de Bangui (tableau I).
Tableau I : Répartition des donneurs selon l’âge, le
sexe et la résidence
paludisme
transfusionnel
et
contribuer
à
l’amélioration de la sécurité des produits sanguins en
RCA.
PATIENTS ET METHODES
Effectif
(n=304) Pourcentage
Variables
Tranches d'âge
[18 – 24]
[25 – 34]
[35 – 44]
[45 – 54]
≥55
Il s’agit d’une étude transversale menée du 01 avril
au 30 août 2023 au Centre National de Transfusion
Sanguine (CNTS) de Bangui. La population d'étude
était constituée des donneurs bénévoles occasionnels
de sang. Le CNTS organise régulièrement des
descentes dans les arrondissements de la capitale
afin de sensibiliser la population et recueillir du sang
de donneurs volontaires qui sont occasionnels. Cette
catégorie de donneurs est différente des autres
donneurs bénévoles connus par le CNTS à qui des
examens de suivi sont régulièrement effectués. Il
s’agissait d’un échantillonnage exhaustif, tous les
donneurs aptes et consentant ont été prélevés. En
plus des tests de routine systématiquement réalisés
chez les donneurs, un prélèvement sanguin a été
réalisé chez chaque donneur bénévole dans un tube
d’anticoagulant EDTA sur lequel, des recherches du
paludisme par Test de Diagnostic Rapide (TDR) et
par goutte épaisse (GE) et la détermination de la
densité parasitaire ont été faites systématiquement.
Etaient inclus dans l’étude, les donneurs bénévoles
aptes pour le don de sang et qui ont donné leur
139
131
24
9
45,7
43,1
7,9
3,0
0,3
1
Sexe
Masculin
Féminin
Arrondissement
3ème
279
25
91,8
8,2
56
190
40
18,4
62,5
13,2
5,9
4ème
5ème
9ème
18
Prévalence du paludisme chez les donneurs
La prévalence du paludisme chez les donneurs
bénévoles occasionnels variait selon le type de
critère retenu, 21,7% en cas de TDR positif et 68,1%
en cas de goutte épaisse positive. La densité
parasitaire moyenne était de 350,30 parasites/µl avec
des extrêmes de 40 et 10.000 parasites/µl (tableau
II).
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 54